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Site d’agence immobilière : des annonces en règle, sans y passer ses soirées

Honoraires, DPE, dépenses d’énergie, Géorisques, lien vers le barème : chaque annonce doit tout porter, et vérifier à la main, c’est recommencer à chaque mise en ligne. La DGCCRF, le service de répression des fraudes, contrôle aussi les sites. Et depuis le 11 août 2026, un numéro de téléphone ne suffit plus pour appeler un vendeur. Voici la liste à tenir, et ce que votre site peut vérifier à votre place.

Métiers et outils
Synergie Innovation · publié le 3 novembre 2026 · 10 min de lecture

La corvée : tout revérifier à chaque annonce

Une annonce immobilière ne se publie pas comme une petite annonce : elle porte une dizaine de mentions, et un oubli sur une seule suffit à la mettre en défaut145. Quand tout repose sur la relecture du négociateur, les oublis finissent par arriver. Or la plupart de ces vérifications peuvent être faites par le site.

Relire chaque annonce pour vérifier les mentions

Un modèle qui refuse la mise en ligne s’il manque une mention

Recalculer le prix honoraires inclus et le pourcentage

Le prix et le pourcentage calculés à partir du prix net et des honoraires

Retirer les biens vendus, surveiller la fin des mandats

L’annonce quitte le site à la vente, et une alerte arrive avant l’échéance du mandat

Retrouver qui a accepté d’être rappelé, et quand

L’accord, la date et l’heure enregistrés à l’envoi du formulaire

Ce que le site doit afficher, annonces mises à part

L’enquête de la DGCCRF sur 2023 est sévère : sur 1 739 professionnels visités, 1 132 présentaient au moins une anomalie, et les enquêteurs notent que rares étaient les sites présentant toutes les informations légales obligatoires2. Ces contrôles ciblaient notamment des professionnels déjà signalés : le chiffre ne décrit donc pas toute la profession, mais il dit où l’on regarde.

La liste à vérifier sur votre propre site :

  • Comme tout site professionnel : le directeur de la publication et l’hébergeur, détaillés dans notre guide des mentions légales.
  • Le nom ou la raison sociale, le numéro RCS ou SIRET et le numéro de TVA intracommunautaire1.
  • Le numéro de carte professionnelle1, avec le nom et l’adresse de l’autorité qui l’a délivrée : l’enquête les cite parmi les informations manquantes, tout comme le capital social, l’adresse du siège et les coordonnées de l’agence2.
  • Le médiateur de la consommation et ses coordonnées, sur le site comme dans les mandats1.
  • Si vous êtes agent commercial : le lieu et le numéro d’immatriculation au registre spécial, et la mention de ce statut dans les documents publicitaires1.
  • Si vous ne détenez pas de fonds, hors honoraires : cette précision sur toutes vos publicités1.

Si votre site mentionne encore Bloctel, cette ligne est à reprendre : le dispositif a pris fin6, même si la fiche générale de la DGCCRF sur la profession, écrite en octobre 2025, le cite encore1.

Le barème d’honoraires : à deux clics, et dans chaque annonce

C’est l’un des points relevés en procès-verbal administratif2. Le barème indique les prix maximums de chaque prestation, toutes taxes comprises, et à qui incombe le paiement1. S’il fonctionne par tranches, il précise si elles sont cumulatives1. Les enquêteurs ont relevé des barèmes incomplets, présentés seulement hors taxes ou sans critères objectifs2.

Sur internet, la DGCCRF attend le barème à trois endroits1 :

Où placer le barème d’honoraires en ligne, d’après la DGCCRF
OùCe qui suffit
Votre siteDeux clics au plus, par exemple un onglet « Tarifs » sur la page d’accueil1
Chaque annonce en ligneUn lien visible dans le corps de l’annonce, intitulé par exemple « consulter nos tarifs », qui mène directement à la page des tarifs1
Vos pages hors de votre site, sans annonces (réseaux sociaux)Un renvoi vers votre site, d’où l’on accède au barème1

Sur un site, cela se règle une fois pour toutes : le lien fait partie du modèle de la page d’annonce, et aucune annonce ne peut l’oublier. Vérifiez aussi le rendu de vos annonces chez les portails où elles sont reprises, à l’écran, comme le ferait un client.

Une annonce de vente : ce qu’elle doit contenir

Le prix ne peut jamais inclure la part d’honoraires à la charge du vendeur1. Si l’acquéreur paie, l’annonce donne le prix honoraires inclus et hors honoraires, le premier en caractères plus grands, puis le pourcentage1. Exemple de calcul : pour un bien à 300 000 € hors honoraires et 15 000 € TTC d’honoraires à la charge de l’acquéreur, on affiche 315 000 € honoraires inclus, 300 000 € hors honoraires, et « Honoraires : 5 % TTC à la charge de l’acquéreur ».

Les mentions d’une annonce de vente, à intégrer au modèle
MentionPrécision
Prix et honorairesQui paie, et le montant TTC à la charge de l’acquéreur, en pourcentage de la valeur hors honoraires, précédé de la mention « Honoraires »1
Classe énergie et classe climatDe façon lisible et en couleur, sur les échelles de référence4
Dépenses d’énergie« Montant estimé des dépenses annuelles d’énergie pour un usage standard : », avec l’année de référence des prix4
Logement classé F ou GLa mention « Logement à consommation énergétique excessive »15
Risques« Les informations sur les risques auxquels ce bien est exposé sont disponibles sur le site Géorisques : www.georisques.gouv.fr »5
AgenceNuméro SIREN et mention de l’inscription au guichet unique des formalités des entreprises5
Bien en copropriétéLe statut, le nombre de lots, la quote-part annuelle moyenne des charges courantes du vendeur, et les procédures pour impayés s’il y en a1

Les annonces marquées DPE « en cours » ou « vierge » font partie de ce que les enquêteurs ont relevé2. Un champ obligatoire dans votre outil de saisie évite qu’une telle annonce parte en ligne.

Une annonce de location : la liste est plus longue

Pour une location non saisonnière, l’arrêté du 10 janvier 2017 s’applique quel que soit le support3. L’enquête note que le dépôt de garantie, l’inclusion des charges, la surface habitable ou la zone d’encadrement manquent souvent2.

  • Le loyer mensuel, avec le complément de loyer et les charges récupérables s’il y en a, suivi de « par mois » et, le cas échéant, de « charges comprises »3.
  • Le montant des charges récupérables s’il est inscrit au contrat, et dans tous les cas leurs modalités de règlement3.
  • Le dépôt de garantie éventuel, et le caractère meublé s’il y a lieu3.
  • Le montant TTC des honoraires à la charge du locataire, avec la mention « honoraires charge locataire », et ceux de l’état des lieux s’ils sont dus3.
  • La commune, l’arrondissement le cas échéant, et la surface habitable en mètres carrés3.
  • En zone d’encadrement : la mention « Zone soumise à encadrement des loyers », le loyer de référence majoré, le loyer de base et l’éventuel complément, le loyer mensuel restant écrit en plus gros3.
  • Le DPE et les dépenses d’énergie, comme pour une vente14.

Pour une location comme pour une vente, ces manquements exposent à une amende administrative de 3 000 € au plus pour une personne physique et de 15 000 € pour une personne morale1.

Le piège d’un site mal tenu : les annonces périmées

Les pratiques commerciales trompeuses représentent 16 % des anomalies relevées en 20232. Plusieurs se jouent sur le site lui-même : annonces sans mandat ou avec un mandat expiré, biens laissés en ligne des mois après la vente ou la location, mention « vendu » sur une vente faite par un confrère, faux « exclusif », faux « nouveau »2. La peine encourue pour une pratique commerciale trompeuse va jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 300 000 € d’amende5.

Même sans intention de tromper, un site que personne ne met à jour et qui n’est relié à rien finit dans ces situations. La parade est simple à poser : chaque annonce porte la date de fin de son mandat, disparaît ou passe en alerte à cette date, et sort du site quand le bien sort du logiciel.

Votre formulaire d’estimation depuis la fin de Bloctel

C’est le changement récent à vérifier. Depuis le 11 août 2026, il est interdit de démarcher un consommateur par téléphone sans son consentement préalable, dans tous les secteurs6. Bloctel a pris fin : on ne vérifie plus une liste d’opposition, on doit pouvoir prouver un accord6. Le démarchage reste possible, sans consentement, dans le cadre d’un contrat en cours et en rapport avec lui6.

Pour une agence, cela touche deux habitudes. La pige d’abord, ces appels aux particuliers qui vendent seuls. À notre lecture, un numéro trouvé dans une annonce n’est pas un consentement : appeler pour proposer un mandat vise bien la fourniture d’un service, ce que le texte définit comme du démarchage6. Et le ministère est net : on ne peut pas appeler un consommateur pour obtenir son accord7.

Le formulaire d’estimation ensuite. Une case à cocher sur un formulaire est un moyen admis, à condition d’en garder la trace68. Reste une question que les pages officielles que nous avons lues ne tranchent pas pour l’immobilier : rappeler quelqu’un qui vient de demander une estimation pour la lui donner. La règle écrite des 5 jours ouvrables après une demande explicite vise les secteurs où le démarchage est totalement interdit, comme la rénovation énergétique6. Notre conseil, prudent : posez la case, rappelez vite, et tenez-vous à ce qui a été demandé. Faites valider vos pratiques par votre avocat ou votre organisation professionnelle.

Ce que le consentement doit réunir, d’après la DGCCRF
RègleSur votre site
Un acte positif clair ; ni le silence ni une case pré-cochée ne comptent67Une case à cocher vide, distincte de l’envoi du formulaire pour l’estimation demandée
Identité de l’appelant et objet de l’appel6Le nom de l’agence et ce pour quoi vous appellerez, écrits à côté de la case
Un an au plus, sans reconduction tacite, retrait possible à tout moment, même à l’oral68La durée écrite, et une date de fin dans votre fichier
Preuve gardée au moins 3 ans : date, heure, informations données6L’enregistrement automatique de ces éléments à l’envoi
Du lundi au vendredi, 10 h-13 h et 14 h-20 h, hors jours fériés, 4 appels au plus sur 30 jours6Un compteur et des plages dans l’outil de relance

Les sanctions sont lourdes : jusqu’à 75 000 € d’amende par appel pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale6. Le jour où on vous le demande, vous devez pouvoir retrouver qui a accepté quoi, et quand.

Être en règle ne suffit pas : ce qui fait venir des vendeurs

Tout ce qui précède évite des ennuis, sans apporter un mandat de plus. Si vous refaites votre site, voici ce que nous y mettrions en priorité. C’est notre avis de praticiens, pas une règle.

  • Une page d’estimation sur votre propre site. Elle donne une fourchette et sert à obtenir le rendez-vous ; elle ne remplace pas votre avis de valeur.
  • Des pages qui décrivent vraiment vos quartiers et vos ventes, plutôt qu’une liste de biens qui change chaque semaine.
  • Une fiche Google par agence, travaillée en même temps que le site, avec des avis de vendeurs.
  • Le lien avec votre logiciel de transaction, pour ne rien saisir deux fois.

Avant de changer de site, gardez vos adresses ou redirigez-les une par une : c’est tout l’objet de notre guide de la refonte sans perdre Google. Pour le budget, voyez ce qui fait varier le prix d’un site internet.

Ce qu’on fait pour vous

On construit des sites d’agence où la règle est dans le modèle.

On part de vos annonces et de votre logiciel actuel. On pose le barème, les mentions et le DPE dans le modèle de page, pour qu’aucune annonce ne parte sans eux, et le formulaire d’estimation garde la preuve du consentement.

Le site vous appartient une fois payé. Hébergé en France, avec un suivi mensuel pour le tenir à jour. Premier échange : 30 minutes, offertes.

Questions fréquentes

Quelles mentions doit afficher le site d’une agence immobilière ?
Comme tout site professionnel, le directeur de la publication et l’hébergeur. Puis le nom ou la raison sociale, le numéro RCS ou SIRET, le numéro de TVA intracommunautaire, le numéro de carte professionnelle et les coordonnées du médiateur de la consommation. L’enquête de la DGCCRF cite aussi le capital social, l’adresse du siège et le nom et l’adresse de l’autorité qui a délivré la carte. Le barème d’honoraires doit être accessible en deux clics au plus.
Où doit figurer le barème d’honoraires sur internet ?
Sur votre site, en deux clics au plus, et dans chaque annonce en ligne par un lien visible menant directement à la page des tarifs. Sur une page hors de votre site et sans annonces, comme un réseau social, un renvoi vers votre site suffit.
Que doit indiquer une annonce immobilière en ligne ?
Pour une vente : le prix, qui paie les honoraires et leur pourcentage s’ils sont à la charge de l’acquéreur, les classes énergie et climat en couleur, le montant estimé des dépenses d’énergie, la mention Géorisques, le SIREN et l’inscription au guichet unique. Pour une location : loyer, charges, dépôt de garantie, honoraires du locataire, commune et surface habitable, avec les mêmes mentions d’énergie.
Une agence peut-elle encore appeler un vendeur sans son accord ?
Non, sauf dans le cadre d’un contrat en cours et en rapport avec lui. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique suppose un consentement préalable, clair et actif, valable un an au plus, dont le professionnel garde la preuve au moins trois ans. Bloctel a pris fin à cette date.
Peut-on rappeler quelqu’un qui a demandé une estimation en ligne ?
Les pages officielles que nous avons lues ne tranchent pas ce cas pour l’immobilier. La prudence consiste à poser une case de consentement sur le formulaire, à rappeler rapidement et à s’en tenir à ce qui a été demandé. Faites valider votre pratique par votre avocat ou votre organisation professionnelle.
Peut-on encore faire de la pige par téléphone ?
À notre lecture, pas sans consentement préalable : un numéro trouvé dans une annonce n’en est pas un, et le ministère précise qu’on ne peut pas appeler un consommateur pour obtenir son accord. La prospection doit passer par d’autres canaux, ou par un accord recueilli avant l’appel.
Faut-il encore parler de Bloctel sur son site ?
Non : le dispositif a pris fin avec le nouveau régime du 11 août 2026. Si votre site ou vos mandats le mentionnent, le passage est à revoir, et c’est le consentement au démarchage qui doit désormais être recueilli.

Sources

Consultées le 3 novembre 2026. Un lien vers la page d’origine accompagne chaque référence.

  1. DGCCRF : professionnels de l’immobilier, les règles à connaître (29 octobre 2025)
  2. DGCCRF : professions de l’immobilier, beaucoup de manquements, résultats de l’enquête 2023 (19 décembre 2024)
  3. Arrêté du 10 janvier 2017 relatif à l’information des consommateurs par les professionnels intervenant dans une transaction immobilière, article 4 (Légifrance, version en vigueur depuis le 1er avril 2022)
  4. Code de la construction et de l’habitation, articles R126-21 à R126-25 : mentions dans les annonces immobilières (Légifrance)
  5. Service-public.gouv.fr : que doit indiquer l’annonce d’une vente immobilière ? (vérifié le 12 septembre 2025)
  6. DGCCRF : les règles du démarchage téléphonique s’imposant aux entreprises (27 juillet 2026)
  7. DGCCRF : le démarchage téléphonique désormais interdit si vous n’y avez pas consenti (5 août 2026)
  8. Ministère de l’Économie : professionnels, comment respecter la réglementation sur le démarchage téléphonique ? (21 août 2026)

Écrit par Romain Carel, Synergie Innovation, La Ciotat. Une erreur, une précision ? contact@synergie-innovation.fr

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