Pourquoi deux devis n’ont rien à voir
« Un site internet » peut désigner une page de présentation montée en une journée sur un modèle, aussi bien qu’un outil de réservation relié à votre planning et à votre fiche Google. Les deux s’appellent un site, mais ils ne demandent pas le même travail, ne coûtent pas le même prix et n’ont pas le même effet sur vos appels.
Un devis bas n’est pas forcément une mauvaise affaire, et un devis élevé n’est pas forcément du sérieux. Ce qui compte, c’est de savoir ce que chaque montant contient. Quand un devis tient en une ligne, « Création site vitrine », il est impossible de le comparer, et impossible de savoir, plus tard, ce qui était compris.
Et si vous hésitez avec un outil gratuit, lisez d’abord ce que coûte vraiment un site gratuit ou fait par une IA.
« Création site vitrine » sur une ligne
Chaque poste détaillé : pages, textes, photos, fonctions
« Référencement inclus »
Ce qui est fait exactement : titres, descriptions, fiche Google, données structurées
Aucune mention de l’après
Ce que coûte chaque année le domaine, l’hébergement et la maintenance
Les ordres de grandeur publiés
Aucun texte ne fixe le prix d’un site, mais France Num, le service de l’État pour la numérisation des petites entreprises, publie une grille établie à partir des estimations de deux professionnels qu’il a référencés9. Elle date de juin 2025.
| Type de site | Fourchette |
|---|---|
| Site d’une seule page, façon carte de visite | 500 à 2 000 €9 |
| Site basique | 900 à 5 000 €9 |
| Site marchand | 3 000 à 10 000 €9 |
| Plateforme en ligne | 5 000 à 10 000 €9 |
Pour un site construit sur un outil en ligne, l’Afnic estime l’hébergement à 20 € HT par mois au maximum, avant les options et la personnalisation9. Ces fourchettes servent à repérer un devis anormalement bas ou haut, pas à le juger : c’est le contenu de chaque poste qui explique l’écart.
France Num conseille aussi de ne verser qu’un acompte à la signature, et le solde après la mise en ligne, une fois vérifié que tout fonctionne9.
Les six postes qui font le prix
Presque tous les écarts entre deux devis s’expliquent par ces six postes. Pour chacun, la question qui suit vous dit ce que le prestataire a prévu, et ce qui restera à votre charge.
| Poste | Ce qui fait varier le prix | La question à poser |
|---|---|---|
| Contenus | Qui écrit les textes, qui fournit les photos, combien de pages | Qui rédige les textes, et sont-ils écrits pour mes clients ou copiés d’un modèle ? |
| Design | Un modèle adapté à vos couleurs, ou une maquette pensée pour votre métier | Ce design sera‑t‑il propre à mon entreprise, ou vu sur d’autres sites ? |
| Fonctions | Formulaire, réservation, paiement, espace client, plusieurs langues | Quelles fonctions sont comprises, et combien coûtera une fonction ajoutée plus tard ? |
| Référencement | De rien du tout à un vrai travail sur Google, la fiche d’établissement et les IA | Qu’est-ce qui est fait concrètement pour que je sois trouvé, et comment le mesure‑t‑on ? |
| Reprise de l’existant | Récupérer les contenus et rediriger les anciennes adresses du site | Les adresses de mon site actuel seront-elles redirigées, pour ne pas perdre ma place sur Google ? |
| Accompagnement | Formation, modifications après la mise en ligne, délai de réponse | Qui modifie le site après sa mise en ligne, et à quel prix ? |
Ce que vous paierez chaque année
La facture de création n’est que la première. Un site vit sur un nom de domaine, qui ne s’achète pas : l’Afnic, qui gère le .fr, rappelle qu’on n’obtient qu’un droit d’usage, pour une durée de un à dix ans, à renouveler auprès de son bureau d’enregistrement1. S’y ajoutent l’hébergement, les mises à jour de sécurité et les modifications que vous demanderez.
Oublier un renouvellement n’est pas anodin. Sans nouvelle de vous, le bureau d’enregistrement demande la suppression du nom de domaine ; trente jours plus tard, n’importe qui peut le réserver1. Dans notre étude de 1 591 sites d’entreprises autour de La Ciotat, 193 adresses ne menaient plus à rien parce que le nom de domaine n’existait plus3.
| À la création | Chaque année | |
|---|---|---|
| Nom de domaine | Enregistrement | Renouvellement, pour une durée de un à dix ans1 |
| Hébergement | Mise en place et mise en ligne | Abonnement |
| Le site lui-même | Conception, contenus, design, fonctions, reprise de l’ancien site | Mises à jour de sécurité, maintenance, modifications |
| Référencement | Travail de départ : titres, descriptions, fiche Google | Suivi, nouveaux contenus, avis |
Un devis qui paraît plus cher à la création peut coûter moins sur trois ans, s’il comprend l’hébergement et la maintenance que l’autre facture à part. Additionnez toujours la création et trois années de frais avant de comparer.
À qui appartiendra votre site ?
C’est la question la moins posée, et celle qui coûte le plus cher quand on change de prestataire. Elle se découpe en trois : le nom de domaine, les créations, et les accès.
Un nom de domaine est entre les mains de celui qui est inscrit comme titulaire12. Beaucoup de prestataires réservent le nom de domaine et gardent les accès tant qu’ils s’occupent du site : c’est pratique, puisque vous n’avez rien à gérer. Mais le titulaire garde la main sur votre adresse, et pour la récupérer il faudra sa validation1. Ce qui compte n’est donc pas qui la gère, c’est ce que le contrat prévoit le jour où vous voulez la reprendre.
Pour les créations, le Code de la propriété intellectuelle est clair : l’auteur d’une œuvre en est propriétaire du seul fait de sa création, et avoir passé commande ne change rien à ce droit7. Le transfert exige un écrit qui mentionne chaque droit cédé, avec son étendue, sa destination, son lieu et sa durée8. Sans cette clause, le design et les textes que vous avez payés restent juridiquement ceux de leur auteur.
- Le contrat dit que le site, et tout ce qui a été créé pour vous, vous appartient, et à partir de quand
- Le nom de domaine vous est transféré à votre demande
- Vous savez quels accès vous seront remis si vous arrêtez le contrat, et sous quel délai
- Vos contenus peuvent être exportés si vous changez de prestataire
- Le contrat dit ce qui se passe à son terme : durée, préavis, restitution
Ce qui est obligatoire, et donc dans le prix
Certaines choses ne relèvent pas du goût ou du budget : la loi les impose, et un prestataire sérieux les prévoit. Si elles manquent, c’est vous, l’éditeur du site, qui en répondez.
| Obligation | Ce que disent les textes | Pour qui |
|---|---|---|
| Mentions légales | Notamment l’identité de l’entreprise, son siège, son numéro d’immatriculation, un contact et l’hébergeur ; jusqu’à 375 000 € d’amende pour une société qui ne les affiche pas4 | Tout site professionnel4 |
| Cookies et traceurs | Consentement préalable pour les traceurs publicitaires ; refuser doit être aussi simple qu’accepter ; certains outils de mesure d’audience en sont dispensés5 | Tout site qui dépose des traceurs soumis au consentement5 |
| Accessibilité | Depuis le 28 juin 2025, le commerce électronique doit être accessible aux personnes handicapées6 | Sites marchands, sauf entreprises de moins de 10 salariés avec moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires6 |
Un bandeau de cookies n’est d’ailleurs pas une fatalité : un site qui n’utilise que des outils dispensés de consentement n’a pas à en afficher5. C’est un choix à faire à la conception, pas un réglage ajouté après coup.
Les signaux qui doivent vous faire hésiter
Quelques formules reviennent dans les devis qui déçoivent. Aucune n’est une preuve de mauvaise foi, mais chacune mérite une question avant de signer.
- « Première place sur Google garantie » : personne ne contrôle le classement de Google, donc personne ne peut le garantir
- Un abonnement mensuel sans durée ni condition de sortie écrites
- Rien d’écrit sur ce que vous récupérez en partant : nom de domaine, accès, contenus
- Aucune mention de la cession des droits sur les créations
- Un prix global sans aucun détail des postes
- Pas d’exemple de site en ligne que vous puissiez ouvrir vous-même
Ce qu’on fait pour vous
On chiffre ce dont votre entreprise a besoin, ligne par ligne.
On commence par 30 minutes pour comprendre votre métier, vos clients et ce que votre site doit vous rapporter. Si une solution simple suffit, on vous le dit. Sinon, vous recevez un devis détaillé poste par poste, avec ce que coûtera le site chaque année.
Ce qui vous revient est écrit dans le devis, avant de signer : un site ou un outil conçu pour vous seul, ou une solution que nous proposons aussi à d’autres entreprises de votre métier. Pendant le suivi mensuel, on s’occupe de tout : nom de domaine, hébergement, sécurité, sauvegardes et petites modifications, sans que vous ayez un identifiant à retenir. Et avant tout, notre audit gratuit vous dit en dix secondes où en est votre site actuel.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d’un site internet ?
Quel est le prix mensuel d’un site internet ?
Existe‑t‑il une aide de 500 € pour créer un site internet ?
Faut-il payer quelque chose chaque année ?
Mon prestataire a enregistré le nom de domaine à son nom. Est-ce un problème ?
Le site m’appartient-il si je l’ai payé ?
Le référencement est-il compris dans la création ?
Sources
Consultées le 22 septembre 2026. Un lien vers la page d’origine accompagne chaque référence.
- Afnic : l’essentiel pour gérer son nom de domaine (droit d’usage, renouvellement, transmission, période de 30 jours)
- Afnic : trouver un nom de domaine ou un titulaire grâce au Whois
- Synergie Innovation : étude 2026 de 1 591 sites d’entreprises autour de La Ciotat nos propres mesures
- Entreprendre service-public : mentions obligatoires sur le site internet d’une société
- CNIL : cookies et traceurs, que dit la loi ?
- DGCCRF : vos produits et services doivent être conformes à la directive « Accessibilité » (13 novembre 2025)
- Code de la propriété intellectuelle, article L111-1 : le droit de l’auteur naît de la création (Légifrance)
- Code de la propriété intellectuelle, article L131-3 : conditions de la cession des droits (Légifrance)
- France Num : combien payer pour un site web ou un site e-commerce ? (mis à jour le 20 juin 2025)
- France Num : chèque France Num de 500 euros, téléservice fermé depuis le 31 juillet 2021
- France Num : les aides financières à la numérisation
Écrit par Romain Carel, Synergie Innovation, La Ciotat. Une erreur, une précision ? contact@synergie-innovation.fr

