Pourquoi les prix affichés n’ont rien à voir entre eux
Le 29 octobre 2026, nous avons relu les premiers résultats de Google pour « prix logiciel sur mesure ». Les prestataires y annoncent des fourchettes qui vont d’environ 2 000 € pour un petit outil à plus de 150 000 € pour un grand projet métier. Le grand écart n’est pas une incohérence : sous le même mot se cachent un tableau de suivi pour trois personnes et le logiciel complet d’une entreprise de cinquante salariés.
Une fourchette générale ne vous dit donc pas ce que coûtera votre outil. Ce qui le dit, c’est la façon dont un prestataire sérieux arrive à son chiffre : il découpe ce que l’outil doit faire, estime le temps de chaque morceau, et le multiplie par son tarif. C’est cette mécanique qu’il faut comprendre pour lire un devis et comparer les prestataires entre eux.
« Logiciel métier : à partir de 15 000 € »
Chaque fonction listée, avec son nombre de jours
« Prix selon complexité »
Ce qui fait la complexité : règles, rôles, raccordements, reprise de données
Un montant global
Le tarif journalier appliqué, et ce que comprend chaque jour
Le tarif journalier : ce que publient les plateformes
Il n’existe pas de grille officielle du prix d’une journée de développement. La donnée publique la plus large est le baromètre de Malt, la plateforme de mise en relation avec des freelances : il porte sur les développeurs expérimentés actifs sur la plateforme au cours des trois derniers mois1.
| Expérience | Tarif jour moyen |
|---|---|
| 0 à 2 ans | 317 €1 |
| 3 à 7 ans | 435 € |
| 8 à 15 ans | 576 € |
| Plus de 15 ans | 672 € |
Ces moyennes cachent de grands écarts : sur la même page, Malt indique des tarifs allant de 300 € ou moins à 1 210 € ou plus par jour pour les développeurs de plus de 15 ans d’expérience1. Elles concernent des freelances ; une agence ou un studio facture aussi, à part ou dans son tarif, la conduite du projet, le design et les tests. Ce qui compte n’est donc pas le tarif seul, mais ce que contient chaque jour facturé.
Un tarif bas n’est pas une économie s’il faut deux fois plus de jours, et un tarif élevé n’est pas une garantie : demandez des exemples d’outils en production que vous pouvez voir fonctionner.
Ce qui fait le nombre de jours
Le tarif moyen varie du simple au double selon l’expérience ; le nombre de jours, lui, varie bien davantage d’un projet à l’autre. C’est donc là que se joue l’essentiel du prix. Presque tout s’explique par six postes, et pour chacun une question vous dit ce que le prestataire a prévu.
| Poste | Ce qui le fait grossir | La question à poser |
|---|---|---|
| Écrans et fonctions | Le nombre de choses que l’outil doit faire : saisir, calculer, envoyer, éditer un document | Quelles fonctions sont dans cette version, et lesquelles sont pour plus tard ? |
| Règles de votre métier | Les exceptions : tarifs particuliers, cas qui ne rentrent pas dans la case, validations | Mes cas particuliers sont-ils listés, ou découverts en cours de route ? |
| Utilisateurs et droits | Qui voit quoi et qui peut modifier quoi : équipe, responsables, clients | Combien de profils différents, et qu’est-ce que chacun peut faire ? |
| Raccordements | Échanger avec la comptabilité, la banque, une plateforme de facturation, un site | À quels logiciels l’outil sera‑t‑il relié, et dans quel sens ? |
| Reprise des données | Récupérer vos fichiers, tableurs ou ancien logiciel, et les nettoyer | Qui reprend mes données existantes, et dans quel état les faut-il ? |
| Téléphone et terrain | Une version utilisable sur chantier, en tournée, hors connexion | L’outil doit-il marcher sur téléphone, et sans réseau ? |
Un exemple de calcul
Prenons une première version estimée à 20 jours de travail : par exemple, le planning des interventions, la fiche client et le passage du devis à la facture, pour une équipe de cinq personnes. Le chiffre de 20 jours est une hypothèse pour montrer le calcul, pas une moyenne.
| Tarif jour moyen retenu | Calcul | Prix de la première version |
|---|---|---|
| 435 € (3 à 7 ans d’expérience)1 | 20 × 435 € | 8 700 € |
| 576 € (8 à 15 ans d’expérience) | 20 × 576 € | 11 520 € |
| 672 € (plus de 15 ans d’expérience) | 20 × 672 € | 13 440 € |
Le même projet, estimé à 40 jours parce qu’on y a ajouté la comptabilité, une application de terrain et la reprise de dix ans de fichiers, double de prix à tarif égal. C’est pourquoi on commence presque toujours par une première version réduite à ce qui fait gagner le plus de temps : elle coûte moins, elle sert plus vite, et elle montre ce qui mérite vraiment la suite.
Forfait ou régie : deux façons de facturer
Au forfait, le prestataire s’engage sur un prix pour un périmètre écrit. Vous connaissez le montant d’avance ; en contrepartie, tout ce qui n’était pas dans le périmètre fait l’objet d’un avenant, et le prestataire prend souvent une marge pour couvrir ses propres incertitudes.
En régie, vous payez les jours réellement passés. C’est plus souple quand le besoin évolue en cours de route, mais le montant final n’est connu qu’à la fin : il faut alors suivre chaque semaine ce qui a été fait.
- Au forfait : exigez la liste écrite de ce qui est compris, et le tarif journalier appliqué aux ajouts
- En régie : exigez un relevé régulier des jours passés et de ce qu’ils ont produit
- Dans les deux cas : un paiement par étapes, chaque étape livrée et utilisable, plutôt qu’un gros acompte
Ce que vous paierez chaque année
Un logiciel sur mesure n’est pas un achat ponctuel. Une fois en service, il vit sur un serveur, utilise des composants qu’il faut mettre à jour pour rester sûr, et votre métier change, donc l’outil aussi. Pour choisir un logiciel de gestion, France Num conseille de raisonner sur le coût total sur deux à trois ans plutôt que sur le prix d’appel5 : la règle vaut aussi pour le sur mesure.
| À la création | Chaque année | |
|---|---|---|
| L’outil | Conception et développement, par étapes | Évolutions que vous demandez |
| Hébergement | Mise en place, sauvegardes | Serveur, sauvegardes, nom de domaine |
| Sécurité | Accès, droits, chiffrement | Mises à jour des composants, surveillance |
| Votre équipe | Temps passé à expliquer le métier et à tester | Prise en main des nouveautés |
Un devis qui ne dit rien de l’après n’est pas moins cher : il reporte la dépense. Demandez par écrit ce que comprend la maintenance, et à quel tarif sont facturées les évolutions.
En combien de temps c’est rentabilisé
Le prix d’un logiciel se juge face à ce qu’il fait gagner. Le calcul tient en une ligne : les heures perdues chaque semaine en ressaisies, en relances et en recherches de papiers, multipliées par le coût d’une heure, puis par le nombre de semaines travaillées. C’est ce que le problème vous coûte déjà chaque année, sans facture.
Si ce montant est faible, un logiciel du commerce bien choisi suffit sans doute : notre guide pour choisir entre sur mesure et logiciel standard vous aide à trancher. S’il est élevé, le sur mesure se rembourse vite, à condition de commencer par la tâche qui coûte le plus.
Financer le projet
Côté fiscal, une idée fausse circule encore : l’amortissement exceptionnel des logiciels sur douze mois. Il a été supprimé par la loi de finances pour 2017, et ne concerne plus que les logiciels acquis au cours des exercices ouverts avant le 1er janvier 20172. Le traitement d’un logiciel fait développer pour vous, en charge ou en immobilisation, se décide avec votre expert-comptable.
Côté financement, Bpifrance propose le Prêt Boost Transformation numérique, entièrement en ligne et sans garantie demandée3.
| Ce qu’indique Bpifrance | |
|---|---|
| Montant | De 5 000 € à 100 000 €3 |
| Entreprises concernées | Créées depuis plus de 3 ans, jusqu’à 49 salariés ; les entreprises individuelles ne sont pas admises |
| Durée | De 3 à 5 ans, avec un différé de remboursement de 12 mois au plus |
| Garantie | Aucune |
| Taux | Fixe, à partir de 6,07 % |
| Condition | Être accompagné par un expert-comptable |
Des aides locales existent aussi, avec des règles très variables d’un territoire à l’autre : France Num les recense par région4. Lisez bien les dépenses retenues : certaines aides financent l’achat ou la réalisation d’un logiciel, mais excluent les abonnements et l’hébergement.
Avant de signer : ce qui vous revient
Payer un logiciel ne vous en rend pas propriétaire : quand il est écrit par un prestataire extérieur, le transfert des droits exige un écrit qui mentionne chaque droit cédé, son étendue, sa destination, son lieu et sa durée6. Ce qui vous revient, le logiciel lui-même ou le droit de l’utiliser, et vos données, doit donc figurer dans le devis ou le contrat avant de commencer.
Les autres questions à poser, sur la récupération de vos données et la reprise par un autre prestataire, sont détaillées dans notre guide sur le sur mesure et le logiciel standard.
Ce qu’on fait pour vous
On chiffre votre outil en jours, fonction par fonction.
On commence par 30 minutes pour comprendre votre métier et repérer où le temps se perd. Si un logiciel du commerce suffit, on vous le dit. Sinon, vous recevez un chiffrage détaillé : chaque fonction, son nombre de jours, ce que coûtera l’outil chaque année, et une première version réduite à ce qui vous fait gagner le plus de temps.
Ce qui vous revient est écrit dans le devis avant de signer. Hébergé en France, vos données exportables à tout moment. Premier échange : 30 minutes, offertes.
Questions fréquentes
Combien coûte un logiciel sur mesure ?
Quel est le tarif journalier d’un développeur ?
Pourquoi les devis de logiciel varient-ils autant ?
Vaut-il mieux un forfait ou une régie ?
Combien coûte un logiciel sur mesure chaque année ?
Peut-on amortir un logiciel sur 12 mois ?
Existe‑t‑il des aides pour financer un logiciel ?
Combien de temps faut-il pour développer un logiciel sur mesure ?
Sources
Consultées le 29 octobre 2026. Un lien vers la page d’origine accompagne chaque référence.
- Malt : baromètre des tarifs des développeurs freelances, tarif jour moyen par expérience (consulté le 29 octobre 2026)
- BOFiP, BOI-BIC-AMT-20-30-70 : amortissement exceptionnel des logiciels, abrogé par la loi de finances pour 2017 (publication du 5 août 2026)
- Bpifrance Flash : Prêt Boost Transformation numérique, caractéristiques et éligibilité (consulté le 29 octobre 2026)
- France Num : les aides financières à la numérisation
- France Num : comment choisir le bon logiciel de gestion pour une TPE PME du bâtiment ? (4 septembre 2026)
- Code de la propriété intellectuelle, article L131-3 : conditions de la cession des droits (Légifrance)
Écrit par Romain Carel, Synergie Innovation, La Ciotat. Une erreur, une précision ? contact@synergie-innovation.fr

