Trois obligations qu’on confond souvent
Les mentions légales, la politique de confidentialité et le bandeau cookies ne répondent pas aux mêmes textes et ne disent pas la même chose. Les mettre sur une seule page fourre-tout n’est pas interdit, mais c’est souvent là qu’un élément manque sans que personne ne le remarque.
| À quoi ça sert | Quand c’est obligatoire | |
|---|---|---|
| Mentions légales | Dire qui publie le site et qui l’héberge | Toujours, pour un site professionnel3 |
| Politique de confidentialité | Dire quelles données vous recueillez, pourquoi et pour combien de temps | Dès que le site recueille des données personnelles, ne serait-ce qu’un formulaire7 |
| Bandeau cookies | Demander l’accord du visiteur avant certains traceurs | Seulement si le site dépose des traceurs soumis au consentement4 |
Les mentions légales : qui publie le site
La loi pour la confiance dans l’économie numérique impose à tout éditeur professionnel d’un site de mettre à disposition du public son identité, le nom du directeur de la publication et les coordonnées de son hébergeur3. Le contenu exact dépend de votre statut.
Pour une société, l’absence de ces mentions est punie jusqu’à 375 000 € d’amende1. Pour un entrepreneur individuel, jusqu’à un an de prison et 75 000 € d’amende2. Au-delà du risque, un site qui ne dit pas qui le publie inspire moins confiance à un client qui ne vous connaît pas encore.
| Mention | Société | Entrepreneur individuel, micro-entrepreneur |
|---|---|---|
| Identité | Dénomination sociale, forme juridique, capital social1 | Nom, prénom, suivis de « entrepreneur individuel » ou « EI »2 |
| Adresse | Adresse du siège social1 | Adresse2 |
| Contact | E-mail et téléphone1 | E-mail et téléphone2 |
| Immatriculation | Numéro RCS et/ou Siren1 | Numéro d’immatriculation2 |
| TVA | Numéro de TVA intracommunautaire1 | Numéro de TVA2 |
| Publication | Nom du directeur de la publication3 | Nom du directeur de la publication3 |
| Hébergeur | Nom, adresse et téléphone1 | Nom, adresse et téléphone2 |
| Activité réglementée | Autorité qui a délivré l’autorisation1 | Nom et adresse de l’autorité2 |
La politique de confidentialité : ce que vous faites des données
Un formulaire de contact, une demande de devis, une inscription à une lettre d’information : dès que votre site recueille des données personnelles, vous devez informer les personnes concernées, dans un langage clair et facile d’accès7. C’est le rôle de la politique de confidentialité, distincte des conditions générales de vente1.
La CNIL recommande une information en deux niveaux : l’essentiel directement sous le formulaire (qui recueille les données, pourquoi, et comment exercer ses droits), puis un lien vers la page complète7. Inutile de recopier un modèle de dix pages : décrivez ce que votre site fait vraiment.
- Qui vous êtes, et comment vous contacter
- Pourquoi vous recueillez ces données, et sur quelle base légale
- Qui les reçoit : vous, votre messagerie, un sous-traitant
- Combien de temps vous les gardez
- Les droits de la personne (accès, rectification, effacement, opposition) et comment les exercer
- Le droit de réclamer auprès de la CNIL
Cookies : quand le bandeau est obligatoire
Le principe posé par la loi est simple : un traceur déposé sur l’appareil du visiteur exige son accord préalable, sauf s’il est strictement nécessaire au service qu’il demande4. Sont dispensés, par exemple, les cookies qui gardent un panier, maintiennent une connexion, retiennent un choix de langue, ou répartissent la charge entre serveurs4.
Demandent en revanche un consentement les cookies de publicité personnalisée et ceux des réseaux sociaux, notamment derrière les boutons de partage4. Une vidéo ou une carte intégrée depuis un service tiers peut aussi en déposer : c’est souvent là que naît un bandeau dont on ne soupçonnait pas la nécessité.
La mesure d’audience sans bandeau
Savoir combien de personnes visitent vos pages n’impose pas forcément de bandeau. La CNIL dispense de consentement l’outil de mesure d’audience qui sert uniquement à mesurer l’audience de votre site, ne produit que des statistiques anonymes et ne travaille que pour vous6. Il ne doit ni recouper ces données avec d’autres traitements, ni suivre le visiteur sur d’autres sites6.
La CNIL recommande en outre de limiter la durée de vie de ces cookies à treize mois, sans prolongation automatique, de ne pas conserver les données plus de vingt-cinq mois, et d’en informer les visiteurs dans la politique de confidentialité6. Un outil qui ne remplit pas toutes ces conditions repasse sous le régime du consentement, donc du bandeau.
Une question distincte est celle du lieu où partent les données. Depuis le 10 juillet 2023, les transferts vers les entreprises américaines certifiées au titre du cadre UE–États-Unis sont permis ; la CNIL précise que la dispense de consentement ne règle pas cette question, et inversement8.
Un bandeau conforme, s’il en faut un
Pour la CNIL, le refus doit se manifester par une action aussi simple que l’acceptation5. En pratique, un bouton « Tout refuser » aussi visible que « Tout accepter ». Poursuivre sa navigation sans répondre doit s’interpréter comme un refus : aucun traceur soumis au consentement ne peut alors être déposé5.
Le visiteur doit pouvoir changer d’avis à tout moment, aussi simplement qu’il a donné son accord5. Et une fois son choix fait, inutile de le lui redemander à chaque page : conserver ce choix six mois est, selon la CNIL, une bonne pratique5.
Seul un bouton « Accepter », le refus caché dans « Paramétrer »
« Tout refuser » et « Tout accepter » côte à côte, aussi visibles5
« En poursuivant votre navigation, vous acceptez les cookies »
Sans réponse, rien n’est déposé5
Cookies publicitaires déposés avant le choix
Aucun traceur soumis au consentement avant l’accord4
Aucun moyen de revenir sur son choix
Un lien « Gérer les cookies » accessible en permanence5
Le plus simple : un site qui n’a pas besoin de bandeau
Un bandeau cookies n’est pas un passage obligé, c’est la conséquence des outils posés sur le site. Sans publicité, sans bouton de réseau social, avec des vidéos et des cartes intégrées sans traceur, et une mesure d’audience qui reste chez vous, il n’a plus de raison d’être. Le visiteur arrive directement sur votre contenu.
C’est le choix que nous avons fait pour notre propre site : il ne dépose aucun cookie, et notre serveur compte les pages vues de façon anonyme, agrégée par jour, sans adresse IP ni identifiant. Notre page de confidentialité dit exactement ce que le site fait, rien de plus. Pour vérifier ce que le vôtre laisse voir, notre guide des erreurs qui font fuir les visiteurs détaille les autres points à contrôler.
Ce qu’on fait pour vous
On conçoit des sites en règle, sans bandeau quand il n’en faut pas.
On relit vos mentions légales et votre page de confidentialité, on repère les traceurs que votre site dépose sans que vous le sachiez, et on vous propose de les retirer plutôt que de les empiler derrière un bandeau. Si vous refaites votre site, on le conçoit dès le départ pour s’en passer.
Premier échange : 30 minutes, offertes.
Questions fréquentes
Les mentions légales sont-elles obligatoires pour un auto-entrepreneur ?
Que doivent contenir les mentions légales d’une société ?
Un bandeau cookies est-il obligatoire ?
Faut-il une politique de confidentialité si mon site n’a qu’un formulaire de contact ?
Continuer à naviguer vaut-il acceptation des cookies ?
Google Analytics est-il interdit en France ?
Combien de temps garder le choix du visiteur sur les cookies ?
Sources
Consultées le 25 septembre 2026. Un lien vers la page d’origine accompagne chaque référence.
- Entreprendre.service-public : mentions obligatoires sur le site internet d’une société (vérifié le 31 juillet 2023)
- Entreprendre.service-public : mentions obligatoires sur le site internet d’un entrepreneur individuel (vérifié le 31 juillet 2023)
- Loi pour la confiance dans l’économie numérique, article 1-1 : informations à mettre à disposition par l’éditeur (Légifrance)
- CNIL : cookies et traceurs, que dit la loi ?
- CNIL : questions-réponses sur les lignes directrices et la recommandation cookies (29 avril 2026)
- CNIL : cookies, solutions pour les outils de mesure d’audience (4 juillet 2025)
- CNIL : conformité RGPD, information des personnes et transparence
- CNIL : Google Analytics et transferts de données, comment mettre son outil de mesure d’audience en conformité
Écrit par Romain Carel, Synergie Innovation, La Ciotat. Une erreur, une précision ? contact@synergie-innovation.fr

